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Fiction shônen ai - "Chrysanthèmes"

Publié le par Nakimitsu Chiaki

Attention: Relations entre hommes

(c) Nakimitsu Chiaki - 2011 ~

 

 

Chrysanthèmes

 

 

La musique habituelle des sombres cérémonies résonnait dans toute l'enceinte de l'Eglise. Tout le monde s'était levé pour l'accueillir. Je but le contenu d'une petite bouteille qe j'avais laissée dans ma poche, m'engagea dans l'allée centrale, les chaînes cliquetant derrière moi, et me dirigea vers l'autel, tout de noir vêtu. C'était le moment le plus mal choisi de l'histoire de l'humanité pour révéler ce qui me lascérait le coeur. Mais je n'avais plus le choix, c'était la dernière fois que l'occasion se présenterai, et quitte à voir tout le monde pleurer, autant le faire quand l'ambiance s'y prêtait déjà. J'escalada les qualques marches qui me séparaient du micro, et me tourna vers l'assemblée. Tous les visages dégoulinant de larmes et de mascara se levèrent d'un seul mouvement vers moi. Il faut dire que j'étais la cause première de tous leurs malheurs. Rien ne pouvait expliquer mon geste, d'après eux. Je devais leur dire. Ils ne me pardonneront jamais, je le sais, moi-même ne peux pas me pardonner, mais je devais le faire.

 

"Mesdames, messieurs. Je ne parlerai qu'une dizaine de minutes. J'ai, comment dire, une horrible mais triste histoire à vous raconter. Pour cela, je vous demande de revenir deux ans en arrière, le jour de mes dix-huit ans. Comme vous le savez peut-être déjà, c'est ce jour que j'ai fait sa connaissance. A l'époque, il avait été invité en tant que frère d'une amie de ma chère soeur ici présente. Je ne le connaissais pas, je n'avais aucune envie de le connaître, d'ailleurs. Et pourtant... Tous les invités étaient saouls, mais ni lui ni moi n'avions bu d'alcool. Je n'avais pas vraiment fait attention à lui durant la fête, et pourtant, je me suis senti extrêmement proche de lui, alors même que nous ne nous étions pas encore adressé la parole. Je me suis dit que probablement, nous pouvions devenir de bons amis. Et c'est ce qu'il advint, nous avons parlé toute la nuit sans nous lasser, et puis nous nous sommes endormis l'un contre l'autre alors que tout le monde tentait de se rafraîchir les idées.

 

Par la suite, comme vous le savez, nous avons gardé contact et sommes devenus très proches. Beaucoup d'entre vous nous considéraient comme les meilleurs amis que la Terre ait porté. Mais vous aviez tort. Je ne l'ai en fait jamais considéré comme un ami. Non. C'était bien plus que cela. Il est devenu le centre de mon monde au premier mot qu'il a prononcé à mon intention. L'objet de mes désirs, le seul qui me faisait trouver l'extase. Je le désirais au plus profond de mon être, je l'aimais comme jamais personne ne pourra aimer quelqu'un. Jusqu'à aujourd'hui, je n'ai jamais réussi à le chasser de mes pensées ne serait-ce que quelques instants. Et chaque jour qui passait, je me détruisait un peu plus, la douleur me déchirait le coeur, m'arrachait les entrailles.

 

Pour faire taire cette douleur, je me suis trouvé une petite amie, mais chaque fois que je le faisais c'était à lui que je pensais. Je voulais qu'il soit sous moi, et qu'il m'appelle par mon prénom de sa jolie voix. Et chaque fois, c'était une voix de fille qui réapparaissait à mes oreilles, et chaque fois je ne le supportais pas et je rompais. Et lui me souriait peu de temps après en me disant que j'étais un vrai tombeur. Et chaque fois, une lance se plantait en moi. Je l'enlevais en me disant qu'il était célibataire, peut-être pour être avec moi, et je survivais. Difficilement.

 

Et le jour fatidique est arrivé, c'était il y a cinq jours. Il est venu me voir, un peu rouge et les yeux brillants. Mon coeur a fait un bond dans ma poitrine; le jour de sa déclaration était enfin venu! Je lui sourit, et il me dit d'un air extrêmement joyeux qu'il allait demander sa main à une jeune fille. Je l'aimais plus que tout au monde, j'en étais fou amoureux. Garder ces sentiments pour moi a été impossible, c'était trop, tout a éclaté. Je lui ai déchiré le coeur, arraché les entrailles. Je lui ai fait subir ce qu'il m'avait infligé, ni plus ni moins.

 

Je l'aimais. Je l'aime, et encore demain et après-demain, jusqu'à ce que le monde d'après mort disparaisse, mes sentiments deumeureront. Bien. Le temps est écoulé, alors je vous dit adieu. Je vous en supplie, n'oubliez pas mon discours. Que mon amour pour lui ne disparaisse jamais de la surface de ce monde."

 

La fiole vide tomba par terre, mes doigts n'avaient plus la force de la retenir. Son contenu faisait son effet, déjà, tout devenait flou. La douleur me transperça le coeur comme de son vivant. Enfin, je le retrouvais. Cette douleur qui me prouvait que nous étions vivants. Je n'eut pas le temps de descendre les marches, tout devint noir. Attends-moi.

 

"Je t'aime"

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